Germe de vie : notion d'écologie


• Qu’est-ce qu’un embryon ? Un germe de vie humaine. Et de toutes les
graines, de toutes les jeunes pousses, de toutes les promesses d’animaux de diverses
espèces en formation, c’est le plus précieux, c’est à dire celui dont la valeur d’être
(valeur ontologique) est la plus élevée.
Vouloir prendre soin de chaque vivant (ne s’approprier que ceux qui nous sont
véritablement utiles et nous débarrasser seulement de ceux qui sont nuisibles),
sauver les espèces menacées, veiller à protéger la bio-diversité, c’est faire preuve de
respect, de considération et d’amour à l’égard de la nature (“la terre-mère”, disent de
nombreux peuples) - notre milieu de vie prochain comme notre plus vaste
environnement.
C’est aussi prendre en compte le futur de notre planète, sa vie et sa survie, en même
temps que se montrer soucieux de la destinée des hommes sur la terre - hommes en
interrelation avec la nature dont ils dépendent et dont ils font partie.
L’écologie est une discipline et une attitude tout à fait essentielle et urgente, surtout
à notre époque où l’humanité, et la civilisation industrielle en particulier, sont en train
de commettre des dégâts irréparables..
• Nous disons que prendre soin des petits êtres humains en formation, se
préoccuper pour leur vie quand elle se trouve menacée, s’engager pour les sauver,
accompagner les futures mères pour qu’elles soient préservées de l’épreuve ou de la
tentation de les éliminer, quand elle se sentent perdues et sans recours face à la
naissance d’un bébé qui s’annonce... est aussi une attitude écologique, première
et fondamentale, une attitude d’amour profond envers la Nature, et envers
nous-mêmes.
Dans l’ordre, le premier sujet de l’écologie, c’est l’homme lui-même, ce fruit par
excellence de la Nature ! A commencer par le petit d’homme et sa vie fragile, surtout
si cette vie est en péril...
On peut encore dire ceci : vouloir sauver les plantes et les animaux, sans se soucier
par dessus tout des petits êtres humains en formation, c’est insuffisant, et à la limite,
contradictoire, car un ordre d’importance, ce qu’on pourrait appeler une hiérarchie de
valeurs, n’est pas respecté. On veut sauver les petits phoques, ou les petites
crapauds, par exemple, en leur ménageant des tunnels sous les autoroutes pour qu’ils
ne risquent pas de se faire écraser en traversant, et on élimine en masse, souvent
sans beaucoup d’états d’âme, des millions d’embryons humains... Avouez qu’il y a
quelque chose qui ne va pas.
• A quoi vous répondrez sans doute : dans un cas, on veille sur la vie et la survie
d’un grand nombre d’individus et d’espèces entières, animales et végétales... Alors
que dans le cas de l’embryon humain, il ne s’agit que de quelques cas singuliers : la
survie de l’espèce humaine n’est pas en péril ! (on serait plutôt trop nombreux...)
Par ailleurs, c’est par souci de l’avenir de l’espèce humaine elle-même, pour protéger
ses ressources ainsi que le climat ; c’est pour assurer l’équilibre de notre vie sur la
terre que l’on entend protéger la flore et la faune de territoires entiers livrés au pillage
et à la ruine, comme par exemple la forêt amazonienne.
Il ne faut pas se tromper d’échelle, direz-vous, et il faut comparer seulement ce qui
est comparable. Il est plus important de sauver des espèces en voie de raréfaction, les
abeilles par exemple, qui représentent un besoin vital pour la pollinisation ; ou telle
espèce de poissons (le thon rouge) menacés de disparition à cause de la sur-pêche...
que quelques bébés humains non désirés et indésirables...Prenons acte de cette
objection sérieuse.
• Pourtant, je répète qu’il ne s’agit pas de quelques rares individus de l’espèce
humaine éliminés de par le monde, pour des motifs de gravité et d’importance très
divers, mais il s’agit de grandes quantités d’êtres humains. (des millions...)
L’avortement n’est pas ou n’est plus considéré comme l’ exception, c’est devenu une
pratique assez habituelle, légalisée, et sur le point de passer dans les moeurs, et qui
est considérée par beaucoup comme un progrès, une libération essentielle, une
avancée de la civilisation, que certains défendent bec et ongles, et encouragent...
Du seul point de vue quantitatif, la question écologique à propos de l’avortement
volontaire demeure donc entière.
• Mais c’est parce que sa pratique à grande échelle manifeste un grave
dysfonctionnement dans la reproduction humaine - dysfonctionnement affectant
diversement les facteurs biologique, psychologique et moral du binôme amoursexualité
qui y préside - que le questionnement à son sujet devient
principalement d’ordre qualitatif.
De ce fait, voici donc pour nous l’avortement situé au coeur de l’écologie, laquelle
est affaire de vision et sensibilité pleinement humaines. Car l’écologie, en-deçà
de ses aspects ou motivations pragmatiques, est régie par la conception que l’on se
fait de l’homme, et de sa nature, au sein de l’univers matériel auquel il appartient
dans une histoire à vivre et construire le plus possible en collaboration et symbiose.
L’être humain qui attire à lui tout l’univers terrestre - ressources matérielles,
mondes animal et végétal - et le finalise en quelque sorte, est fondé à gérer et à
organiser au mieux cet univers livré à lui, à prendre sa défense, à le protéger... par
amour pour tous les vivants et pour son propre développement “durable” et son
épanouissement. Et, lui-même, n’est-il pas au-dessus de tous les autres vivants ? (1)
Vous-même qui lisez ces lignes, n’êtes-vous pas quelqu’un de souverainement
important à vos propre yeux et dépassant l’ordre de la nature, bien que vous fassiez
partie de cette nature ? Si vous êtes présent ici sur terre, n’est-ce pas parce que vos
parents vous ont aimé et accueilli et qu’ils ont respecté absolument le premier de vos
droits qui était le droit de vivre ? Un droit personnel inaliénable.
Premier parmi tous les vivants, l’être humain est d’abord responsable de son
espèce humaine. Il est requis d’aimer et de protéger ses semblables, ses frères
humains, les plus petits, les plus fragiles, les plus démunis - lui-même en quelque
sorte - et de le faire dès le stade germinal de leur apparition dans le sein de
leur mère.
Alors l’écologie, avec ses vastes préoccupations, peut avancer et se construire sur une
base saine et fonctionner vraiment à l’endroit.
• Comment ne pas tenter de réveiller certains écologistes français par ces paroles ?
VOUS PRETENDEZ SAUVER LA VIE SUR LA PLANETE,
VEILLANT AVEC AMOUR SUR LES MOINDRES ESSENCES,
MAIS LES BEBES HUMAINS, EN TOUTE CONNAISSANCE,
VOUS APPROUVEZ QU'ILS SOIENT TUES COMME DES BETES.
CHERCHEZ L'ERREUR !
Parce qu’elle assume à la fois sa base, ou point de départ, et son sommet, une
écologie qui se propose de prendre soin des enfants récemment conçus, a les
meilleures chances d’être crédible et performante dans ses nombreux champs
d’intervention.
26 avril 2012
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(1) Solidaire du monde des vivants auquel il appartient, l’homme est cependant situé au
dessus des autres vivants. Non seulement l’homme est doté d’une nature supérieure à celle
des autres vivants (animal raisonnable), mais chaque représentant de l’espèce humaine est un
individu unique, un être personnel capable de dire “Je”, et de s’approprier son existence
et sa nature (“je suis, moi, un être humain; je pense”). Cela lui confère une dignité et valeur
que les autres humains ont vocation à reconnaître et respecter absolument.
A la différence des individus des autres espèces animales et végétales, multipliés
selon leur espèce, et dans une certaine mesure interchangeables à l’intérieur de
l’espèce (le poisson dans un banc de poissons) et pouvant faire l’objet d’une saisie
globale, seul l’homme est apte à s’approprier, comme sujet singulier et
spirituel, conscient et libre, la nature spécifique qui le constitue, et cela fait de
lui un être à part et irréductible. On dit en langage philosophique qu’il est un bien en
soi et pour soi, le plus élevé, et qu’il n’est disponible à aucune autre fin que lui-même.
Il doit faire l’objet d’un absolu respect et ne doit être soumis à aucune manipulation.
Cette appréciation de l’être humain en tant que personne vaut dès sa conception.
Pourquoi ?
Pour la simple raison que sa nature humaine individuelle est présente à ce stade
initial, qu’elle est intrinsèquement capable, dans son milieu, de croître et se
développer et de devenir une personne achevée. L’embryon, en effet, est apte à se
construire par lui-même et à manifester toutes ses virtualités à partir du moment où
il existe comme être vivant autonome, c’est à dire auto-centré et auto-régulé,
résultat immédiat de la fusion des cellules germinales parentales. Dès lors, son
devenir est un processus continu, certes marqué par des étapes qui se succèdent
naturellement les unes aux autres par évolution interne, mais sans qu’il soit possible
d’ assigner à ces étapes des limites rigoureuses précises.(A tel moment, et à tel
moment seulement, de façon arbitraire, on pourrait le qualifier d’humain, alors qu’il
ne l’était pas le jour précédent ou la semaine précédente... : aberration !) Le comité
consultatif national d’éthique a qualifié l’embryon de : “personne humaine
potentielle”.
Ces considérations anthropologiques et bio-éthiques sont la base du droit primordial
de l’enfant à la vie, dès son apparition dans le sein de sa mère.