Plus de négationisme concernant l'IVG

Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) remettait un rapport jeudi 7 novembre, au gouvernement, pour améliorer la prise en charge des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Après un premier volet, remis mi-septembre, le Haut conseil propose cette fois des pistes pour préciser la loi et réorganiser les soins.

L'auteure du document, Françoise Laurant, présidente de la commission Santé, droits sexuels et reproductifs du HCEfh, en détaille les grandes lignes. "L'IVG a toujours été perçue comme une concession et non comme un droit à part entière. Le code de la santé publique dit qu'une femme "placée dans une situation de détresse peut demander à son médecin le droit d'interrompre sa grossesse". Nous suggérons de revoir l'obligation de délai de réflexion pour les femmes souhaitant avorter. La loi prévoit en effet un délai de huit jours (qui peut être réduit à deux jours en cas d'urgence) entre la première consultation médicale en vue d'une interruption de grossesse et le deuxième rendez-vous, qui permettra soit de délivrer les comprimés pour une IVG médicamenteuse, soit de fixer la date d'une intervention en cas d'IVG chirurgicale. Pour certaines femmes, ce délai est indispensable et elles doivent impérativement être accompagnées dans leur réflexion. Mais pour d'autres, la décision est prise depuis longtemps et ce délai, qui rallonge le parcours de soins, peut être vécu comme une humiliation."

"Nous proposons aussi que la première consultation, qui donne lieu à la délivrance d'une attestation et au déclenchement de ce fameux délai de huit jours, soit transformée en consultation d'information (et non plus en consultation médicale) réalisée par une structure habilitée et un personnel formé, dans un centre de planification ou un centre de santé. On constate en effet que beaucoup de femmes ne savent pas à qui s'adresser pour ce premier rendez-vous : médecin généraliste, hôpital… Or cette consultation a d'abord pour but d'informer les patientes sur les possibilités qui s'offrent à elles et de les orienter vers les bonnes structures, ce que peuvent très bien faire des centres qui fonctionnent en réseau. Cela permettrait de raccourcir les délais".

La logique des auteurs de ce rapport est claire : rendre l'IVG comme l'acte le plus banal qui soit, et empêcher les femmes enceintes de réfléchir de manière posée et éclairée au geste qu'elles vont poser. Nous vous sollicitons pour diffuser plus encore cette pétition qui demande qu'un VRAI DROIT A L'INFORMATION soit offert aux femmes, et qu'un RESPECT DU DELAI DE REFLEXION SOIT MAINTENU !

N'hésitez pas à vous rendre sur http://www.ivg.net pour nous soutenir !